Hello Reader,
Bonjour Reader,
Cela fait presque un mois que je n’ai pas écrit, ce qui n’était… pas exactement mon plan.
Au début, je pensais simplement faire une courte pause. J’avais besoin d’un peu d’espace pour me retrouver, pour absorber certains changements dans ma vie, et — même si je partage souvent à partir de mon vécu personnel — je ne voulais pas écrire depuis un endroit trop à vif. Mais la pause s’est prolongée, parce que parfois la vie ne se réorganise pas selon le rythme d’une infolettre, d’un calendrier, ou du plan que nous avions imaginé pour nous-mêmes.
Il y a des moments où nous pouvons choisir le changement, et des moments où le changement nous choisit. Quelque chose se déplace dans notre vie, dans une relation, dans notre corps, dans notre travail, ou dans notre perception de qui nous sommes, et l’ancienne manière d’avancer dans le monde ne fonctionne plus. On peut continuer à fonctionner pendant un moment, faire ce qui doit être fait. Mais en dessous, quelque chose en nous sait que la vie demande une autre qualité d’attention: à tout le moins, une rencontre plus honnête avec la réalité.
C’est là que j’ai été ces dernières semaines. À l’intérieur d’un processus qui demandait toute mon attention ❤️.
Réflexions
Certains changements sont faciles. Nous sommes équipés pour les traverser, nous les attendons presque. Mais d’autres arrivent avec cette sensation que même si nous ne les aimons pas, même si nous ne les avons pas choisis, même si nous pleurons ce qu’ils nous enlèvent, nous ne pouvons pas revenir à qui nous étions avant.
Vous me connaissez, je ne romantise pas la douleur. Je ne crois pas que chaque chose douloureuse soit secrètement un cadeau, et je ne pense pas que nous ayons besoin de transformer la perte, la peur, l’incertitude ou le chagrin en leçon spirituelle pour leur donner du sens. Mais je crois que certaines transitions douloureuses portent en elles un appel à devenir plus vrai.
Pas à s'améliorer dans le sens brillant, productif, optimisé, acceptable ou performant. Je parle plutôt d’un retour vers quelque chose de profondément intérieur, quelque chose de plus fidèle à soi, qui permet de se déployer, d’évoluer, un peu comme une jeune plante.
Un appel à reconnaître enfin ce que nous avons tolérons, ou ce que nous évitons. À remarquer lorsque nous nous abandonnons. Un appel à cesser d’organiser notre vie autour d’une vieille peur, d’une ancienne blessure, ou d’un trauma.
Mais bien sûr, lorsque la vie change, lorsque nous nous retrouvons à ces carrefours, le système nerveux peut devenir très bruyant. L’anxiété et la peur ne sont pas subtiles. Elles n’arrivent pas avec une évaluation équilibrée de la réalité. Elles nous bombardent d’urgence. Elles nous disent qu’il faut régler ça tout de suite, que nous savons déjà comment tout cela va finir, que si nous ne disons pas la chose, si nous ne prenons pas la décision, si nous ne prévenons pas la perte ou si nous ne contrôlons pas le résultat, tout va s’effondrer.
Et parce qu’elles parlent à travers le corps, elles semblent convaincantes. La poitrine serrée, le pincement dans les poumons, la chaleur, la nausée, la pression dans la gorge, les pensées qui s’emballent, l’effondrement dans le ventre, la certitude soudaine que quelque chose de terrible est sur le point d’arriver : tout cela peut ressembler à la vérité. Mais une pensée accompagnée d’une sensation corporelle forte n’est pas automatiquement plus exacte.
C’est l’une des choses auxquelles je reviens souvent ces temps-ci : ne croyez pas tout ce que vous pensez. C’est le cerveau qui essaie de prédire, d’expliquer, de se préparer et de vous protéger de l’incertitude. Il prend des fragments d’information et remplit les blancs très rapidement, souvent à partir d’anciens modèles.
Et c’est là que la pause devient importante. Là où ralentir devient impératif. La pause avant l’explication, la défense ou la décision. La pause avant que l’ancien schéma prenne le volant et se fasse passer pour la vérité. Cette pause qui donne juste assez d’espace pour poser une autre question.
Qui est en train de réagir en ce moment, et à quoi?
Est-ce la part adulte et pensante de moi qui voit clairement la situation, ou est-ce une part plus jeune, plus effrayée, qui a déjà vécu quelque chose de similaire? Est-ce que je réagis à ce qui se passe réellement, ou à ce que mon système nerveux croit être sur le point d’arriver? Est-ce que je réponds au moment présent, ou à une vieille prédiction autour de la perte, du rejet, de l’échec, du danger, de l’abandon, ou du fait de ne pas être assez?
Cela ne veut pas dire qu’il faut rejeter la réaction. Souvent, la réaction est importante. Elle nous dit que quelque chose en nous se sent menacé. Elle nous dit qu’un besoin, une limite, un deuil ou une peur a été touché. Mais la réaction n’est pas toujours toute la vérité, et elle n’a pas toujours besoin d’être la part de nous qui agit en premier.
🎁 Pratique de la semaine
🧠 NeuroMinute...
D’un point de vue cérébral, une pause change réellement la séquence des événements. Quand quelque chose d’inattendu se produit, le cerveau ne reçoit pas simplement l’information pour ensuite décider calmement de ce qu’elle signifie. L’information sensorielle, y compris les sensations internes, passe par des réseaux qui incluent le thalamus, des voies corticales et des structures sous-corticales qui aident le cerveau à interpréter ce qui se passe et à préparer le corps à répondre.
Le thalamus est souvent décrit comme une station relais, mais il ne fait pas simplement passer l’information comme un standard téléphonique neutre. Il contribue à réguler ce qui devient saillant, ce qui est amplifié, et ce qui devient disponible à la perception consciente.
L’amygdale est également impliquée, surtout lorsque le cerveau détecte une menace, de l’incertitude, une perte ou une charge émotionnelle importante. Mais l’amygdale aussi fait partie d’un réseau plus large qui relie l’information sensorielle, les apprentissages passés, l’état du corps, la mémoire, la prédiction et la préparation à l’action.
Et il y a aussi l’insula qui aide à intégrer les signaux internes du corps dans les états ressentis consciemment. Le cerveau ne sépare pas «ce qui s’est passé» de «ce que mon corps ressent à propos de ce qui s’est passé» aussi proprement qu’on pourrait l’imaginer. Le corps ressenti fait partie de la manière dont le cerveau construit le sens émotionnel.
C’est pour ça que l’anxiété, la peur et la douleur peuvent devenir si convaincantes. Le cerveau est prédictif. Il n’enregistre pas seulement le présent; il se projette, en utilisant les expériences passées, les signaux corporels actuels, la mémoire émotionnelle et des informations sensorielles partielles pour anticiper ce qui pourrait arriver ensuite. Sous stress, ces projections peuvent devenir biaisées vers le danger.
Une pensée peut être réelle parce que vous l’avez, et une sensation peut être réelle parce que votre corps la vit, mais le sens que votre système nerveux attache à tout ça peut tout de même être incomplet.
La pause laisse assez de temps pour que davantage de parties du cerveau entrent dans l’image. Non pas pour écraser le corps, mais pour que la perception ait une chance de se mettre à jour avant que la première impulsion protectrice ne devienne toute l’histoire.
Prochaine étape...
Explorez un cours et voyez ce que votre cerveau peut faire.
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Chaleureusement,
Joana
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