Hello Reader,
Cette semaine, les choses commencent à reprendre un certain calme pour moi. Je prends soin de moi et de mes besoins, et cela me semble juste ❤️. Merci pour tous vos messages de soutien. J’ai eu beaucoup de conversations riches avec plusieurs d’entre vous, et un thème en particulier s’est imposé cette semaine : la notion de liberté, de souveraineté personnelle.
Réflexions
Qu’est-ce que la liberté, pour vous ? Est-ce être libéré.e de quelque chose - de la douleur, d’une contrainte, qu’elle soit émotionnelle ou physique ? Ou est-ce une liberté de faire quelque chose que vous souhaitez ?
Parfois, lorsque vous êtes en douleur ou confronté(e) à une situation difficile, la liberté prend la forme d’un élan pour s’éloigner, pour fuir. Notre cerveau cherche à éviter la douleur à tout prix. Et il arrive que nous cédions à cette impulsion : il faut que je sorte de ça tout de suite. Nous nous détachons mentalement de nos dos douloureux et continuons à forcer malgré tout, nous nous dissocions de nos traumas, nous évitons les conflits ou les inconforts dans nos relations. C’est une forme de liberté.
Mais il existe une autre forme de liberté, qui s’accompagne de plus d’agentivité, de pouvoir, de souveraineté. Cette liberté implique de prendre responsabilité pour ce qui vous anime, de cultiver une signification profonde, et d’accepter une part d’incertitude, juste assez longtemps pour que la douleur, l’inconfort ou la peur puissent se transformer en autre chose.
Faire une pause dans l’inconfort, rester en contact avec son corps lorsque la douleur apparaît, est un art qui permet d’élargir la perception, et de sentir la différence entre l’urgence de l’évitement et l’élan d’un alignement plus juste. Il ne s’agit pas de forcer malgré la douleur, mais de ralentir suffisamment pour pouvoir la sentir et la tolérer lorsqu’elle se présente.
Rester avec la douleur, dans ce sens, n’est pas l’opposé de la liberté. C’est ce qui rend la liberté possible. C’est dans ces moments plus lents que de nouvelles possibilités émergent.
Je tiens à saluer le courage et la détermination de toutes celles et ceux qui sont venus me voir cette semaine, et qui ont choisi de ralentir et de rester avec leur inconfort, leur douleur ou leur peur, assez longtemps pour observer leur transformation.
🎁 Pratique de la semaine
🧠 NeuroMinute...
L’envie de « partir », d’éviter la douleur, est étroitement liée à la façon dont le cerveau traite l’incertitude et la menace. Au centre de ce processus se trouve l’amygdale, qui évalue les dangers potentiels, en particulier lorsque les situations sont ambiguës ou imprévisibles. Lorsque l’incertitude augmente, l’amygdale amplifie les signaux envoyés aux systèmes de stress, notamment via l’activation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Cela entraîne une augmentation de l’activation, de la vigilance, et une tendance à passer à l’action. C’est là que se mettent en place les schémas de protection corporelle : le dos se fige, la poitrine se contracte, le cœur s’accélère.
D’un point de vue de survie, ça a du sens: s’éloigner de l’incertitude permet de réduire la charge physiologique immédiate. C’est pourquoi l’évitement procure souvent un soulagement à court terme. Il diminue l’activation des circuits liés à la menace et peut temporairement réduire l’anxiété. Par exemple, vous évitez de mettre du poids sur un genou douloureux, mais vous transférez la charge ailleurs et créez à terme plus de tension et de douleur.
Les recherches en science de la douleur, en neurosciences affectives et en psychologie comportementale montrent que l’évitement répété renforce la prédiction du cerveau selon laquelle la situation est dangereuse, rendant les réactions futures plus intenses plutôt que moins. De plus, vous perdez une partie de vous-même dans ce processus: par exemple, la carte mentale de votre bas du dos douloureux devient moins précise, et les possibilités de mouvement se réduisent. On observe des phénomènes similaires dans le trauma et dans certains schémas émotionnels: vous vous coupez de vos émotions ou de la réalité.
Lorsque vous restez présent(e) avec l’inconfort, sans être submergé(e), dans un espace suffisamment sécurisant, le cortex préfrontal devient plus actif. Cette région permet de réguler, de prendre du recul, et de maintenir plusieurs possibilités en même temps. Avec le temps, cela modifie les prédictions du cerveau: ce qui était perçu comme une menace peut être revu comme gérable. Vous pouvez alors transformer votre carte corporelle, mais aussi vos croyances, vos peurs et vos émotions.
Ce processus est connu sous le nom d’apprentissage par extinction. Le cerveau n’efface pas la peur initiale, mais crée une nouvelle association en parallèle: la situation reste inconfortable, mais elle n’est plus automatiquement interprétée comme dangereuse. Cela nécessite un équilibre : suffisamment d’activation pour que le cerveau puisse apprendre, mais aussi suffisamment de sécurité pour éviter la surcharge. Dans cet espace, le système nerveux gagne en flexibilité, et ce qui déclenchait auparavant une fuite automatique devient quelque chose avec lequel vous pouvez rester… et d'ou vous pouvez choisir.
Il est important de noter que cela ne fonctionne que s’il y a suffisamment de sécurité. Si l’activation est trop élevée, le système revient à des réponses de survie.
D’un point de vue biologique, la liberté n’est donc pas simplement la capacité de partir. C’est la capacité du système nerveux à rester présent sans basculer dans la menace, et donc à accéder au choix plutôt qu’à la réaction.
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PS: j'ai de l'espoir pour vous!
Amitiés,
Joana