Hello Reader!
Dans les derniers numéros, j’ai écrit sur l’appel au changement, et sur la différence entre l’envie de fuir l’inconfort et cette forme de liberté plus discrète, plus exigeante aussi, qui vient lorsque nous restons présents assez longtemps avec notre douleur pour pouvoir choisir autrement. Ces derniers jours, j’ai beaucoup pensé à ce qui vient après, parce qu’une fois que nous commençons à comprendre la liberté comme autre chose qu’une échappatoire, nous finissons inévitablement par nous confronter à la question du risque.
Réflexions
Comme vous le savez, je conçois la guérison comme un apprentissage, et apprendre demande toujours une certaine prise de risque. Le risque de réactiver une ancienne blessure en bougeant d’une certaine façon, de dire quelque chose plus franchement, d’essayer ce qui nous semble encore étranger, de faire une erreur ou d’échouer, ou encore de rester assez longtemps avec une sensation pour découvrir qu’elle a peut-être un sens entièrement différent de celui que nous lui avions attribué.
Il y a toujours un moment, dans ces expériences, où quelque chose en nous hésite. Le corps peut se contracter, le souffle peut s’arrêter ou devenir plus superficiel, le cerveau peut commencer à négocier, et avant même que nous comprenions, nous nous retrouvons déjà en train de revenir vers le familier, le contrôlé, le prévisible, cette version de la vie qui semble plus sécurisante parce qu’elle nous demande moins.
Qu’on se comprenne bien, parfois c’est nécessaire. Parfois, reculer et rester dans la zone de confort est la chose la plus intelligente à faire. Parfois, le corps a raison de dire que c’est trop, trop tôt, ou trop vite. Mais c’est aussi une façon dont la vie peut devenir très petite.
Nous commençons à éviter non seulement ce qui est dangereux mais ce qui est simplement inconnu. Nous organisons notre vie autour de l’absence de perturbation. Nous confondons contrôle et sécurité, et nous ne remarquons pas toujours à quel point une partie de notre vitalité disparaît avec lui.
C’est ce qui se passe, par exemple, lorsqu’au lieu de recommencer doucement à prendre appui sur cette cheville que nous avions jadis foulée, nous développons des stratégies d’équilibre maladroites qui finissent par créer des douleurs dans l’épaule; ou lorsque nous continuons à répéter les mêmes schémas relationnels parce que nous avons peur d’échouer dans quelque chose de nouveau. Peu à peu, nous érodons notre propre liberté de mouvement.
Peut-être que c’est là que le risque devient une partie de la résilience, non pas parce que nous nous forçons à dépasser nos limites, mais parce que le cerveau et le corps ont besoin de petites rencontres avec l’inconnu pour mettre à jour leurs cartes de ce qui est possible. D’abord, établissez une base suffisamment sécurisante, puis commencez par de petites expériences, changez de petites choses, autrement dit, bougez lentement, et vous verrez comment les possibilités commencent à s’ouvrir, physiquement et mentalement.
🎁 Pratique de la semaine
🧠 NeuroMinute...
Du point de vue du cerveau, apprendre demande de l’information nouvelle. Si tout est entièrement prévisible, il y a très peu de choses à mettre à jour. Quand la situation devient trop envahissante, le système se déplace vers la protection, et il a alors moins accès à la curiosité, à la flexibilité, et à cette perception fine qui nous permet de sentir les nuances.
C’est l’une des idées derrière le cadre du « point de challenge » en apprentissage moteur, qui propose que l’apprentissage dépend de la relation entre la difficulté d’une tâche, les capacités de la personne, et la quantité d’information utile disponible dans l’expérience. Une tâche trop facile ne crée pas beaucoup d’apprentissage, tandis qu’une tâche trop difficile peut dépasser la capacité du cerveau à utiliser l’information de façon constructive. L’apprentissage semble plutôt se produire dans cet espace précis où le défi est réel, mais encore possible.
La recherche sur le stress pointe dans une direction similaire. Une activation aiguë et gérable peut soutenir l’attention et l’adaptation, mais un stress chronique ou trop envahissant modifie les conditions dans lesquelles le cerveau et le corps traitent l’information, en orientant la perception vers la menace et en réduisant l’éventail des réponses disponibles. Enfin, la recherche en apprentissage moteur nous rappelle aussi qu’apprendre n’est pas seulement répéter. C’est aussi s’adapter, calibrer, prédire, recevoir du feedback, et affiner graduellement la façon dont le cerveau s'organise en relation avec le monde.
Alors peut-être que la question n’est pas de savoir si nous devrions prendre des risques, mais si nous pouvons commencer à distinguer les risques qui nous submergent de ces petits risques vivants qui nous aident à grandir.
Faites le prochain pas...
Ceci est un petit aperçu de ce qu’il est possible de réaliser lorsque l’on explore son corps et son cerveau avec curiosité. Si vous souhaitez insuffler de la vitalité à tous les aspects de votre vie et découvrir cette nouvelle façon d’être, rejoignez-moi dans le programme « Embodied Vitality », un parcours de trois mois conçu pour vous aider à soulager vos douleurs, apaiser votre anxiété et retrouver votre vitalité naturelle.
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Chaleureusement,
Joana
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